13.11.2008
La transparence Ségolène

Ségolène Royal vient de prendre une initiative très intéressante : elle vient de rendre publiques sur son site les lettres qu’elle a
adressées à Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoit Hamon.
http://desirsdavenir.org/segolene-royal/les-actualites/co...
1) Je m’intéresse depuis quelques années à l’émergence de ce que j’appelle « politique ouverte » (et qui recouvre à peu prés ce que
les américains appellent « open politics », voire « open source politics »).
Cette notion désigne au moins trois types de pratiques.
a) La recherche d’une certaine transparence de la vie politique, y compris dans la sphère des négociations d’accords politiques et de
programmes : si la politique requiert une certaines dose de secret (une négociation sur un contrat de gouvernement, par exemple, amène a
consentir des contreparties électorales qui ont vocation à rester secrètes), il y a aussi des avantages a ce qu’elle soit menée, pour
partie « a ciel ouvert », sous le regard des citoyens (ou des militants).
b) Les démarches visant à impliquer les citoyens (ou les seuls militants) dans des activités qui relevaient classiquement des états-
majors et des experts. Tout ce qu’on entend désormais par démocratie contributive, pour l’élaboration d’un programme (ou d’un texte de
congrès).
c) La démarche consistant pour les etats-majors à dévoiler aux militants les grandes lignes d’une stratégie, par exemple une stratégie électorale. C’est ce qui s’est passé lors de la campagne présidentielle américaine de 2008 : les directeurs de campagne de McCain et de Barack Obama ont rendu publiques, chacun de leur côté, la feuille de route stratégique des deux candidats, estimant que les avantages (l’adhésion et la compréhension de la stratégie) de la publicité l’emportaient sur les inconvénients. http://travauxpublics.wordpress.com/2008/11/13/897/
2) Revenons à l’initiative de Ségolène Royal
Reprenons la chronologie. La motion dont Royal est signataire arrive en tête le 6 novembre. François Hollande enjoint le lendemain à Ségolène Royal de créer les conditions d’une majorité. Ségolène Royal rencontre les chefs de file des autres motions (ou leurs bras droit).
Elle les interroge sur les questions qu’ils jugent essentielles en vue d’une éventuelle synthèse. Elle leur adresse, dans un premier temps,
un « document de travail ouvert en vue de « structurer la réflexion et les échanges et servir de base aux discussions préparatoires à la
constitution d’une majorité au congrès de Reims ». Ce document fuite et est assez vite rendu public.
Hier, elle a franchi un autre pas. Elle a publié les trois lettres à Martine Aubry, Bertrand Delanoë et Benoit Hamon. Dans chacune de ces
lettres, elle recense les questions sur lesquels ses interlocuteurs attendaient une clarification et y répond en soulignant les
convergences.
Je ne m’illusionne évidemment pas sur la démarche de Ségolène Royal : dans le spectacle byzantin, mixte de jeu d’échecs et de poker meneur
que sont les Congrès socialistes, elle joue un « coup » : la démarche est avant tout tactique. Elle affiche qu’elle prend au mot ses rivaux
qui prétendent explorer la possibilité d’un accord politique avec elle : elle prend à témoin les militants. Il y a aussi une part d’ironie a voir Ségolène Royal faire semblant de se prêter au jeu formaliste des « clarifications » et de l’exégèse des textes de motion.
Il reste, et c’est ce que je retiens, que Ségolène Royal innove. Elle inaugure ici une forme de « négociation à ciel ouvert », en rupture
avec la pratique socialiste ancestrale des « synthèses » élaborées dans la précipitation, à quelques uns, dans la nuit du samedi au
dimanche, dans la fameuse Commission des résolutions.
Au reste, SMS aidant, les tractations nocturnes de la Commission des résolutions sont de moins en moins secrètes.
http://projet2007.blogspot.com/2005/11/synthse-sms-photocopieuse-et-petits.html
Maurice Hussein Ronai
17:56 Publié dans actions | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note


Commentaires
Au moins Ségolène a le mérite d'essayer de faire les choses dans la transparence. C'est vrai elle fait aussi un peu de théâtre, mais la politique n'est-ce pas parfois un peu grandiloquent!
Quand je vois ce matin au congrès de Reims les propos de Delanoé, qui passe son temps à enfoncer des portes ouvertes du genre : "la gauche et la droite ce n'est pas pareil" ce n'est guère mieux.
Si les militants sont responsables aux alliances de circonstances et de couloirs, ils préféreront sans doute la voix "Royal", qui bien qu'imparfaite à l'avantage de la clarté et du sens.
Et pour nous en Deux-Sèvres le choix est fort simple; Rodolphe qui s'est assagi a toute la compétence nécessaire pour assumer la tâche de premier fédéral.
Ainsi, notre petit groupe de réflexion du Mellois, soutenons complètement sa candidature.
Amitiés socialiste;
Alain
Ecrit par : Murciares | 15.11.2008
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